Plasticiens Textile

Chiharu Shiota

1972 Né à Osaka, au Japon
Vit et travaille à Berlin, Allemagne

Le travail de Chiharu Shiota se caractérise par un mélange de performances artistiques et d’installations spectaculaires pour lesquelles elle utilise en les accumulant de vieux objets comme des lits, des châssis de fenêtre, des chaussures ou encore des valises  et appellent tous un retour en arrière. Elle explore ainsi les relations entre passé et présent. À cela s’ajoute parfois une dimension onirique par le tissage de véritables toiles d’araignées complexes et impénétrables, généralement en cordelette noire, parfois aussi rouge. La simplicité des matériaux rend d’autant plus fort l’impact des œuvres. Beaucoup placent le corps comme sujet principal de son œuvre, mais c’est indirectement qu’on distingue l’être dans cet entrelacs de messages. Les formes deviennent des ombres, les enveloppes sont vides et dans la majorité de ses installations, les objets sont fouillés par cet enchevêtrement de fils, dont on ne distingue pas les confins.

 Shiota a créé de remarquables installations (Memory of Skin) en faisant pendre des tuniques de toile grossière, surdimensionnées, à des pommeaux de douche d’où suintait de l’eau, parfois colorée. Le spectateur est irrémédiablement entraîné dans des réflexions sur les marques du temps qui passe, mais ce dispositif est aussi un poignant rappel des victimes gazées dans les camps d’extermination nazis.

Son travail « The key in the hand » dChiharu_Shiota_3.jpge la 56ème biennale de Venise, est un océan de fils rouges de 400km de fils, où se noient deux barques et une multitude de clés usées. Sa création artistique mêle à la fois inspirations contemporaines et héritage nippon. Cette installation qui nécessiterait 50 000 clés, répond aux questionnements usuels de l’artiste, en interrogeant la mémoire et sa recherche continuelle d’apaisement. De ses dessins à ses installations et performances, l’artiste traite de nombreuses appréhensions, par un épanchement déroutant.

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Annette Messager

L’artiste française Annette Messager,  mariée au plasticien Christian Boltanski, est née à Berck-sur-Mer le 30 novembre 1943. Jeune elle a étudié aux Arts décoratifs de Paris, elle interrompt ses études à la veille de mai 68 et réunit ses premières Collections, albums de photographies et de sentences extraites de la presse qu’elle annote et modifie.

La galerie Germain lui commande en 1971-1972 une œuvre avec de la laine et du tissu Les Pensionnaires, qui consiste en un alignement de moineaux empaillés et emmaillotés dans des tricots recouvert de tissu.

Se développant dans le contexte parisien des années 70, l’œuvre d’Annette Messager, proche de celles d’artistes comme Boltanski, Le Gac, Sarkis, ou Paul-Armand Gette, relève de ces démarches singulières qualifiées de « mythologies individuelles ». Hostiles à tout académisme, comme aussi à une politisation extrême qui avait suivi mai 68, ces artistes prônent la prise en compte de l’élément affectif, imaginaire, voire nostalgique dans l’œuvre.

Annette Messager, qui revendique la dimension féminine de son art, intègre l’univers domestique dans lequel le regard masculin a cantonné la femme : travaux à l’aiguille, carnets précieusement intimes, revues de beauté, pour en faire son langage plastique en même temps qu’une critique de la condition féminine. Des Pensionnaires, 1972, à Mes petites Effigies, 1988, aux Piques, 1992, son travail affectionne l’esthétique du fragment et révèle un univers de l’intime à l’écoute des mouvements contradictoires de l’inconscient.

Elle reçut en 2005 le Lion d’or de la 51e biennale de Venise pour son œuvre Casino. Une rétrospective lui est consacrée par le Centre Pompidou en 2007 suivis d’une deuxième en 2012 au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg.

Elle instaure aux seins des pratiques artistiques : la taxidermie. Au XIXe siècle, cette technique se développe comme en témoigne cette estampe qui illustre les recherches scientifiques qui se pratiquent alors.

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Regardez donc ces peluches, placardées sur un mur blanc et froid, isolées de leur contexte affectif et de leur cocon enfantin. Quelle émotion cela suscite en vous?
Et ces pantins « Articulés-Désarticulés »? Ne sont-ils pas morbides?

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Annette Messager aime mélanger les genres, crée des assemblages pour susciter des émotions fortes et des connexions inattendues chez ceux qui contemplent son travail.

Christian Boltanski

Christian Boltanski est un plasticien français né en 1944 à Paris. Photographe, sculpteur et cinéaste, connu avant tout pour ses installations, il se définit lui-même comme peintre, bien qu’il ait depuis longtemps abandonné ce support. Né d’un père juif d’origine russe, Christian Boltanski est resté marqué par le souvenir de l’Holocauste. Il commence à peindre à l’âge de 13 ans. A  ses débuts, la plupart des tableaux qu’il réalise sont de grands formats représentant des personnages dans des circonstances macabres (par ex. dans des cercueils) ou dans des scènes historiques. Boltanski s’éloigne de la peinture à partir de 1967 et expérimente l’écriture, par des lettres ou des dossiers qu’il envoie à des personnalités artistiques. Il intègre à son œuvre des éléments issus de son univers personnel, et sa propre biographie, réelle ou imaginaire, devient le thème principal de son œuvre.

Boltanski questionne la frontière entre absence et présence. En effet, l’absence est un sujet récurrent dans son travail: la vidéo comme la photo sont des présences, des mémoires qui, selon lui, au lieu de faire revivre les absents vont au contraire mettre davantage en évidence leur disparition.

Employant divers matériaux (photographies anciennes, objets trouvés, carton ondulé, pâte à modeler, luminaires, bougies…), Boltanski cherche l’émotion à travers toutes les expressions artistiques qu’il utilise : photos, cinéma, vidéos. Les thèmes omniprésents dans son œuvre sont la mémoire, l’inconscient, l’enfance et la mort.

Une des particularités de l’artiste est sa capacité à reconstituer des instants de vie avec des objets qui ne lui ont jamais appartenu mais qu’il expose pourtant comme tels. Il imagine une vie, se l’approprie et tous les objets de ses dossiers, livres, collections sont les dépositaires de souvenirs. Ils ont un pouvoir émotionnel fort, car ils font appel à la « petite-mémoire », c’est-à-dire à la mémoire affective.

Ces œuvres en appellent au souvenir, du souvenir d’enfance au souvenir des défunts, et d’une histoire personnelle à l’histoire commune de toutes et de tous. En 1972, Boltanski intitule une section de son exposition « mythologie individuelle », un concept représentatif de son rapport à l’autobiographie.

Monumenta, Paris, 2010

Cette installation fait allusion aux entrepôts nazis où étaient accumulés les affaires des personnes déportées dans des camps d’extermination.

Thème de la mort donc de l’absence et donc du souvenir: « il y avait quelqu’un dans ce vêtement, mais maintenant c’est parti ». Le vêtement est ici une trace, une empreinte d’une vie passée. Tout comme « une vanité » (nature-morte mettant en évidence la précarité de la vie à l’aide d’objets-symboles tels que un crâne humain, une bougie se consumant, un sablier, une fleur se fanant…etc) , son installation interroge sur l’aspect éphémère de la vie.

Son œuvre est une commémoration de la déportation des juifs durant la guerre. Elle témoigne de ce qui s’est passé et rend hommage aux disparus dans le but que l’on se souvienne. En 2010, après un an d’interruption (en raison de la présentation de La Force de l’Art 02),Christian Boltanski conçoit l’installation intitulée Personnes. Il s’agit d’une  installation visuelle et sonore. 69 espaces rectangulaires sont alignés sur trois rangées le long de la nef ; chacun de ces espaces est recouvert de vêtements posés à plat au sol, face contre terre. Au centre de la nef se trouve une montagne de vêtements ; à son sommet, un grappin prélève quelques-uns de ces vêtements, les soulève dans les airs avant de les relâcher. Dans tout l’espace, des haut-parleurs diffusent l’enregistrement des battements de cœurs, évoquant aussi le bruit des trains sur leurs rails.

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Réserves, 1990 : Réserve est une installation présentée dans une pièce blanche. Les murs de cette pièce sont recouverts de vieux vêtements, qui semblent répartis en plusieurs étages. Ces vêtements sont éclairés par des luminaires fixés au sommet des étagères. Cette Réserve fut présentée au centre Georges Pompidou à Paris, lors d’une exposition en 1990. A la vue de Réserve, le regard est immédiatement captivé par les vêtements. Il y en a une grande quantité et l’effet de masse est accentué par leur superposition. ‘Impression d’étouffement que peut ressentir le spectateur vient à la fois de l’amoncellement de vêtements multicolores et de l’odeur qu’ils dégagent.

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Louise Joséphine Bourgeois

Louise Joséphine Bourgeois, née à Paris le 25 décembre 1911 et morte à New York le 31 mai 2010, est une sculptrice et plasticienne française, naturalisée américaine.

Louise Bourgeois est née en France et y a grandi, mais l’essentiel de sa carrière artistique s’est déroulé à New York, où elle s’est installée en 1938 après avoir épousé l’historien d’art américain Robert Goldwater (1907-1973).

La reconnaissance de son travail artistique s’est amplifiée les dernières années de sa vie, où elle s’est affirmée au point d’être reconnue ou considérée comme particulièrement influente sur les générations d’artistes d’après, surtout féminines.

Il existe de multiples interprétations dans toute considération de l’œuvre de Louise Bourgeois, un corps de travail qui couvre des décennies et de nombreuses formes différentes.  » Tout mon travail au cours des cinquante dernières années, tous mes sujets, ont trouvé leur inspiration dans mon enfance. » dit-elle.

Dans un sens, cela est précisément ce qui est attendu des femmes artistes ; Bourgeois jette l’appât pour nous, bien que son public attende et exige de telles informations  » personnelles  » . Pourtant Bourgeois donne les grandes lignes de sa considération de la famille dans la forme schématique, c’est une distraction de la complexité réelle de l’histoire de sa vie.

Maintes et maintes fois, Bourgeois parle de la fonction de l’art de décision comme un moyen de traiter avec le passé. Elle écrit: « Certains d’entre nous sont si obsédés par le passé que nous mourons de celui-ci … . Chaque jour, vous devez renoncer à votre passé ou l’accepter et si vous ne pouvez pas l’accepter, vous devenez un sculpteur.»  L’ancien drame familial qui a continué à soutenir et alimenter son travail est, cependant, très ordinaire. Le père de Bourgeois a été infidèle à sa mère avec sa gouvernante.

Louise Bourgeois, Cell XXVI

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Seven in bed

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