Les inspirations historiques des créateurs

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La mode influe l’histoire et est influée par l’histoire. Autant elle cherche à s’en défaire et autant les créateurs d’aujourd’hui continuent de s’en inspirer. Ils détournent les codes vestimentaires historiques selon leur personnalité pour créer des collections contemporaines, l’histoire devient tendance.

John Galliano l’a bien compris. Le couturier britannique très talentueux, excentrique, turbulent et iconoclaste, connu notamment pour son look de dandy provocateur aime réinterpréter les codes.

L’histoire est pour lui une source d’inspiration inépuisable, en commençant par sa collection Massaï, inspirée de la tribu africaine du même nom. Cette collection automne-hiver 1997/1998 conçue alors qu’il était directeur artistique de la maison haute-couture Christian Dior, révèle des formes et des couleurs audacieuses, sexy, rappelle les vives nuances orange, rouge, jaune, bleue propres au peuple Massaï, à leurs paysages et à leur culture.

Et il n’en restera pas là, il enchaînera en 2004 avec sa collection printemps-été Egypte, tout en dorures, très bling-bling, aux formes sculpturales mais qui souligne tellement le faste de l’époque égyptienne.

Il est capable de passer d’une ère à l’autre tout en réinterprétant au mieux l’époque en elle-même et en ayant un souci de modernité. Qui aurait pu mieux cerner l’exotisme de la culture japonaise et recréer des couleurs aussi vives pour des formes aussi authentiques comme pour sa collection printemps-été 2007 ? D’ailleurs, il se paiera même le luxe , la même année, de faire défiler à Versailles sa collection du même nom, fortement inspirée de Marie-Antoinette et du Marquis de Sade. Pour l’occasion le château s’est transformé en cour royale et a quelques peu retrouvé sa vie d’antan.

Certes Galliano s’est bien amusé à détourner l’histoire à travers ses collections mais d’autres créateurs y ont aussi vu une mine d’or d’inspiration. En quelques années, la maison de la créatrice britannique Vivienne Westwood a littéralement explosé et elle a su se créer une vraie signature : inspirations urbaines, influences folkloriques, références royales… le style Westwood est un concentré de d’excentricité à mi-chemin entre le punk et le baroque. Recréer, rapiécer, secouer les codes, détourner, c’est son fort. Elle organise son tout premier défilé en 1981 et y présente sa collection Pirates qui connaît un succès énorme. Elle est d’ailleurs la seconde styliste britannique (après Mary Quant) à présenter sa collection sur les podiums de Paris l’année suivante ! Les tenues sont plus sobres que chez Galliano mais le style est parfaitement réinterprété. Anticonformiste, rebelle, son style plaît et dérange à la fois. Pourtant, aucun créateur ne pourrait aussi bien nous plonger dans l’Angleterre du XVIIIème siècle.

Motifs tartan, plissés traditionnels et coupes dignes des tailleurs de Savile Row, broderies fines, chapeaux à plumes et bottes hautes, cette collection transpire le baroque anglais avec la pointe de trash qu’on lui reconnaît… La styliste puise son inspiration dans les costumes historiques et y ajoute sa petite touche punk avec des cheveux colorés ou des maquillages outranciers. Son style est tel que certainens pièces deviennent des emblèmes, comme le tartan, les chapeaux excentriques (dont celui de Pharell Williams), etc.

Tout dernièrement, la styliste signe les costumes du ballet de Vienne avec des robes à froufrous dignes des contes de princesses et arrive même à faire porter aux hommes des mini-kilts et des bustiers tartan. Ballet oui, mais punk quand même.

Et enfin, entre les influences punk et les costumes baroques, Vivienne aime glisser quelques références ethniques dans ses collections : motifs traditionnels, teintures au henné, maquillage tribal et musique ethnique… La styliste s’inspire des quatre coins de la planète comme les pays africains, slaves ou arabes pour recréer un style complètement unique.

Bref, en un mot, le détournement c’est son truc.

En plus traditionnel, nous avons les stylistes italiens de la luxueuse enseigne Dolce&Gabbana qui prennent autant de plaisir à détourner les critères historiques.

Ils sont capables de transformé un podium en forêt enchanté pour nous raconter des légendes du Moyen-Âge-et de la Renaissance, à travers le vêtement. Vêtues de manteaux trapèzes brodés d’animaux merveilleux ou de robes décorées de motifs rappelant les enluminures, les mannequins semblent échappées d’un conte, telles des princesses chaussées de bottes de sept lieues qui côtoient les lutins en robe baby doll imprimées de grandes clés dorées.

Plus d’actualité, leur collection automne-hiver 2013-2014, s’inspire de l’époque byzantine et parvient à nous projeter en plein Constantinople avec ses somptueuses dorures dignes des mosaïques de l’époque. Enfin, ils ont aussi choqué le monde en sortant tout récemment, une collection de hijabs, de voiles musulmans pour femme. La culture et l’histoire se mêle à la mode et des aspects pas forcément compris de tous sont mis en valeur ce qui créer une certaine polémique. Néanmoins, ils touchent une nouvelle qui n’avait pas accès à la haute-couture en leur proposant des voiles chics, colorés, fins.

L »histoire n’a pas fini d’inspirer la mode, les codes historiques abondent et s’interprètent de milles et une façon et peut-être que des siècles plus tard, notre époque actuelle inspirera la mode du futur.

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